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Histoire de la Normandie

Auteur : Karl Dubost - webmaster@normandieweb.org

Source : Larousse du XXe siècle en six volumes (1960)

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Partagé avant la conquête romaine entre les Celtes et les Belges, habité par des peuples qui prirent une large part à la guerre contre les Romains (Unelli, Aulerci, Lexovii, Caletes, Veliocasses), le pays qui devint la Normandie fut compris, sous l'Empire, dans les limites de la IIe Lyonnaise, et eut pour métropole Rouen. Sous les mérovingiens, le christianisme, qui avait débuté dans le pays vers la fin du IIIe siècle, s'y implanta vigoureusement. Les évèques de Rouen (saint Prétextat, saint Ouen, etc.), jouèrent souvent un rôle à cette époque. La fondation de vastes abbayes (Fontenelle), Jumièges, Fécamp, etc.) contribua au dévéloppement du christianisme, de la culture et de la civilisation.

Sous Charlemagne et ses successeurs, les pirates du Nord commencent leurs incursions dans le pays. En 911, le traité de Saint-Clair-sur-Epte, entre Rollon et Charles le Simple, les y installe; le pays de Caux, le Roumois, le Lieuvin, l'Evrecin, le Vexin à droite de l'Epte, leur sont cédés d'abord ; ils y ajoutent les évêchés du Mans, de Séez et de Bayeux (924), de Coutances et d'Avranches (933). L'esprit d'aventure des Normands les poussa partout : aux croisades, dans les Deux-Siciles, en Angleterre qu'ils conquirent sous Guillaume le Bâtard (1066). L'union, au XIIe siècle, entre les mains des Plantagenets, de l'Angleterre, de l'Anjou et bientôt de l'Aquitaine à la Normandie, fit des ducs normands des vassaux du roi de France plus puissants que leur suzerain. Philippe Auguste unit au domaine (1204) la Normandie, qui, dès lors, demeura française, sauf entre 1419 et 1450.

Dès le XVIe siècle, la Normandie forma un gouvernement, qui eut deux lieutenances : 1° Caen, Cotentin, Alençon, Basse-Normandie ; 2° Evreux, Gisors et Caux. Depuis Henri II (1551) Le Havre formait un gouvernement particulier. La Normandie, divisée en "Haute-Normandie" et "Basse-Normandie", forma de bonne heure une généralité, puis bientôt trois : Rouen, Caen (1542), Alençon (1636). Au point de vue judiciaire, la Normandie, sous ses ducs, eut un échiquier, sorte de cour des pairs, dont le caractère fut modifié par philippe le Bel, dont Louis XII (1499) fit un échiquier perpétuel, qui prit, en 1515, le nom de «parlement de Rouen».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Normandie fut le théâtre de violentes opérations à la suite du débarquement des Alliés, le 6 juin 1944, à "Arromanches", sur les côtes du Calvados, à l'endroit même où jadis sombra l'invincible Armada de Philippe II. Une flotte de cinq vaisseaux anglais, deux américains et trois français, soutenus par une formidable armée aérienne, firent écrouler le mur de l'Atlantique. Des navires spéciaux débarquèrent un flot de soldats, de tanks, de canons, et remorquèrent jusqu'à la plage les tronçons d'un immense port démontable qui, quelques heures plus tard, permit le débarquement d'autres troupes et d'un matériels immense. Deux jours après , la tête de pont s'agrandit, Bayeux fut la première libérée. Le 10 juin, les Alliés s'emparèrent d'Isigny ; le 12, de Carentan. De juin à juillet, les alliés élargirent leur occupation vers Valognes, Cherbourg (27 juin), Caen (8 juillet), Saint-Lô (18 juillet), Coutances (28 juillet). Une poussée des Américains sur Avranches leur permit, pendant le mois d'août, de libérer la Bretagne ; de son côtée, l'armée anglaise contint la poussée de von Rundstedt, de von Kluge et de Rommel sur la basse Seine. Puis l'armée américaine, ayant atteint la Loire et remontant vers la Seine, obligea en août les Allemands à la retraite.

Nombre de villes normandes durent à ces circonstances d'être touchées et même détruites (Saint-Lô, Caen, Lisieux, Falaise, Vire, Argentan, Condé-sur-Noireau, etc.).